071109
Dries Van Noten, FW 09







J'avais oublié la beauté de cette collection. Intemporalité.
“ The Passion of Lovers is for Death.
061109

051109
In Praise of Darkness







In Praise of Darkness, Vogue Hommes Japan #3.
Atalante and Hippomenes

Atalante and Hippomenes, Guido Reni.
291009
Memento Mori, (Carnet Noir), V



« Ici tout est mensonge, tout est rêve, tout est différent de ce qu'il paraît. »
Nikolaï Vassilievitch Gogol
Je les tue par plaisir ou par amour. L’égoïsme d’un seul précipite les innocents dans ces abîmes de légende. Le gondolier des morts émerge des brumes ; large embarcation d’ébène vernie de sang noir qui fend les flots goudronneux du Styx. Ils accostent sur des rives auxquelles je n’arrive pas à apposer un nom. Terre de suie. Comme moi, ils errent sur ces plaines que l’on imagine sombres et arides, balayées par des vents dans lesquels on suffoque, animées de tempêtes de soufre. Fallacieuse promesse que je leur fait. Mensonge. Gagnez le Royaume de Repos sinon je meurs.
Elle entre dans la chambre comme un spectre de chair, marquant le sol de ses escarpins de daim noir, corsetée dans une robe de cuir mat, comme une seconde peau. Elle ressemble beaucoup à Pénélope, avec ces longues jambes, sa belle poitrine et son abondante chevelure noire. Le creux de son bras gauche est violet, clairsemé de piqures d’aiguilles. Elle tente de les dissimuler. Sa démarche est hésitante. Quel âge doit-elle avoir ? Mon regard reste suspendu dans le vide l’espace de quelques secondes. Fenêtres grandes ouvertes sur la Néva. Un homme se suicide ce soir, distille un fragment de lui-même dans les eaux du fleuve centenaire. Seuls témoins de sa chute, la souveraine lune blanche et les dépouilles dissoutes de tous les autres noyés. Elle détourne ses grands yeux gris, pose son sac sur la commode puis passe les bras derrière le dos. Petite tirette noire qui s’abaisse dans un grincement fin d’insecte. Apparaissent deux seins blancs et fermes comme auréolés de lumière, symétriques, hypnotiques. Elle me fait face puis vient s’installer à mes côtés dans un déhanché de succube. Elle déboutonne le col de ma chemise, me dénude, baise mes épaules, redescend jusqu’à la taille et je la laisse faire. Elle répète des gestes qu’elle a du faire des centaines de fois. Bonne élève. Tintement des boucles de la ceinture qui s’écrase sur le parquet en une ombre serpentine. Sa bouche me frôle le sexe, puis l’engouffre, le suce et le masse. Je m’affale sur le lit les bras en croix, livré à elle. Elle passe une jambe par-dessus les miennes, me chevauche. Sa robe de cuir virevolte et s’écrase contre le miroir aux coins brisés dans lequel nous nous reflétons comme deux vers luisants.
Je n’éprouve aucun plaisir. Je ferme les yeux, tente de saisir à nouveau le visage de Pénélope dans ce puits de pétrole qu’est mon esprit, afin de l’apposer sur celui de la pute que je besogne avec dégoût. Dégoût qui ne vient pas de ce corps extenué, blessé et complètement vide, mais de moi-même, de ce que je deviens dans la plus totale perte de raison. Je la fais coucher sur le dos et redouble d’ardeur, enfouissant mon visage dans ses cheveux qui ne sentent rien, ma poitrine écrasée contre la sienne, si bonne et étrangement froide. Nos souffles, nos craintes, notre solitude. « Est-ce que je te fais mal ? » « Non », lâche-t-elle dans un murmure. Et pourtant je sais que je lui fais mal. Toujours ces grouillements infects qui tonnent dans mes oreilles. J’imagine ma queue enfournée dans une fosse d’asticots blanchâtres. Je pose mes lèvres sur sa gorge fragile, je me fais plus doux. Synchronicité subite d’amants. Grouillement pâteux de vers. Mes dents raclent les grains de sa peau, comme le fil d’un rasoir sur la porcelaine d’une poupée brisée. Elle se contracte, se cambre alors que mon sexe semble s’être enraciné en elle. Petite perle rouge qui goutte, qui dévale la pente douce de sa gorge, que je capture du bout de la langue. Métal et sel noir. Je suis en elle et elle est en moi. J’ensemence cette morne matrice de mon venin stérile.
« Tu es belle. Quel est ton nom ? »
« Annette. Mais les gens ici m'appellent Sveta. »
« Je préfère Annette. » Elle sourit. Je lui tends l’équivalent de deux mille euros. Elle regarde l’argent dans ma main comme si cela avait été une paire de couilles.
Son goût sur mon palais. Pellicule de sang sur mes lèvres.
« Tu dois t’en aller à présent. »
Virginio Bruni Tedeschi

Carla & son frère Virginio Bruni Tedeschi, mort en deux-mille six d'un cancer.
281009
Rated R
Can't wait.
261009
It reminds me, II



1. Unknown 2. William Butler Yeats
251009
AnOtherMan







Arthur Daniyarov, "The dark knight becomes the urban antihero". AnOtherMan.
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