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290109

Carnet noir

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Four Tet - Unspoken

Paris, 28 novembre.

Il s'appelait Antoine. Je l'avais rencontré lors d'une soirée dans le XVIème. Il était pianiste et d'après ce que je savais, il aimait tout autant les filles que les garçons. Un gandin élégant, brun, grand et svelte, raffiné, des mains parfaites mais, Dieu merci, pas efféminé. Le vocable et les gestes trop précieux m'horrifient. Antoine était célibataire et n'était que de passage en France. Il voyageait seul. Ces informations troquées et déduites au fil de notre conversation me confortèrent dans mon choix. Je finis par l'inviter à terminer la soirée chez moi, chose qu'il s'empressa d'accepter. Rares sont ceux qui s'y refusent. J'évitai de prendre la Porsche ; mieux valait-il rester discret. Nous marchâmes donc dans les rues, sous les lampadaires, sous la demi-lune. Il ne portait pas de parfum - ce qui n'était pas plus mal - et je notai une mince cicatrice en forme de petite croix sur sa nuque. A cet instant, j'avais décidé de comment les choses se termineraient.

Arrivés devant le vieil immeuble haussmannien, je lui ouvris le chemin. (J'eus du mal à détourner mes yeux de ses doigts posés sur la rampe d'escalier.) Il me précéda cependant dans l'appartement et, après que j'eus allumé quelques lumières, s'extasia devant les peintures et les sculptures anciennes. Il s'arrêta devant la cloche en verre, posée sur un guéridon.

--- Mon Dieu, cela ressemble étrangement à une langue.

--- Ah ça, mon cher, si je vous disais ce que c'était...

Il sourit puis s'installa sur le sofa devant la fenêtre sans poser davantage de questions. Je fermai les tentures, lui servis une coupe de champagne et m'installai en face de lui. 

--- Vous ne buvez pas ?

--- Je préfère rester sobre et profiter de la beauté, dis-je en reposant mon verre, sans faire vraiment attention à la stupidité de ma réponse.

Il sourit à nouveau. Je m'effraie quelques fois de la manière dont les gens se comportent une fois installés dans ce fauteuil, en ma compagnie. Ils réagissent tous de la même façon ; béats, lascifs et pas le moins du monde méfiants. Est-ce du à mon physique de jeune premier, à mes tenues impeccables, à ce décor luxueux qui me ferait passer pour un de ces ridicules et oisifs gosses de riche ? Je ne sais que penser. Cela n'a pourtant aucune importance. Il y a ce garçon qui me regarde, son sourire affable, les quelques paroles qu'il débite les coudes sur les genoux. Je devrais néanmoins penser à changer mes scénarii avant que ne s'installe l'ennui et que je finisse par perdre la raison.

Je lui proposai un verre d'absinthe. Malgré la demande un peu brusque (il venait à peine de terminer sa deuxième coupe), il ne refusa pas. Je me dirigeai vers le bar et, dos à lui, préparai le petit verre auquel j'ajoutai mon ingrédient personnel. Il ne remarqua rien, trop occupé à étudier la décoration intérieure, intrigué me semblait-il cette fois-ci, par le portrait de Pénélope. Je le comprenais ; elle était sublime, à moitié nue, un sein apparent, une crinière sombre et des prunelles brillantes comme si d'infimes diamants avaient été intégrés à la toile.

--- Qui est-ce ? demanda-t-il sans détourner le regard du tableau.

--- Une amie, répondis-je. Morte à présent. Un tragique accident de voiture.

Je lui tendis le verre à close, surmonté de sa petite cuillère. Il déglutit, visiblement gêné.

--- Je suis vraiment désolé.

Je ris intérieurement, non seulement de sa réaction mais également de ce méchant mensonge. Je dois avouer que ce genre de réponse s'avère très efficace lorsque l'on désire couper court à une discussion qui ne nous plairait guère. Etait-il venu pour moi ou pour Pénélope ? Bien. (De toutes façons, je ne saurais la partager avec quiconque.) Il but et me parla de musique, du concert qu'il devait mener le lendemain. Pour lui faire plaisir, je fis tourner le gramophone. Trio opus 100 de Schubert. Je fus surpris de la rapidité avec lesquelles les drogues agirent. Son visage éclairé se brouilla très vite et je sus alors que venait le moment extatique. Il se radossa mollement, les yeux dans le vague, et déboutonna son col. Il murmura quelque chose d'incompréhensible tandis que je me plaçais derrière lui et que je découvrais sa nuque et l'adorable cicatrice. Je sortis de ma poche le rasoir d'argent, mon instrument ouvragé, gravé de mes initiales tel un bijou, et survolai cette peau magnifiquement grainée. Fébrile, je glissai ma main libre dans son pantalon, manipulant ce membre flasque mais qui, très vite, réagit à mes caresses, en même temps que le mien, qui se gonflait d'excitation.

Je me débarrassai du corps d'Antoine la nuit suivante. Je le jetai dans la Seine, emmitouflé dans des draps épais, un peu ému. Il irait rejoindre les autres carcasses qui distillent leur saveur putrescente dans ces eaux sombres et glacées. J'avais gardé sa chevalière ornée d'une pierre noire et plate. Une fois de retour à l'appartement, je tombai même sur un bouton de sa chemise, perle nacrée sur le tissu du fauteuil. Je conserve précieusement tous ces funestes cadeaux dans un coffre. Ce serait un affront que d'oublier. J'ai parfois cet impudent désir d'aller manipuler à nouveau, comme autant d'objets érotiques, les bijoux arrachés à mes amis d'un soir, d'aller respirer quelque morceau de tissu embaumé, d'aller retrouver leur visage sur de vieilles photographies. A quoi doivent-il ressembler à présent ? 

Un orchestre avait perdu l'un de ses plus beaux musiciens. Au volant de la voiture, dans les ruelles désertes de la ville, je revis ses yeux éteints qui fixaient le vide, ce visage blanc, du même éclat qu'ont certaines figures religieuses dans les églises et puis ces mains roides qui ne joueraient jamais plus. Cela me peina. Le monde n'a pas besoin de personnes comme moi. Il ne s'en porterait que mieux. Mais j'aime trop la vie. Je suis d'un égoïsme terrifiant.

270109

L'interlude taboue

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Why should I fear you ?
Because I am burly than motherfucker and my teeth are so sharp they make a straight razor seem like a butterknife. Need a better reason ?
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The Secret of Summer / Bret Easton Ellis

11:00 pm. J'engloutis mon morceau de forêt noire devant la télévision.

Le SAV des émissions. Quelle daube. J'ai coupé contact avec des personnes qui avaient des blagues plus drôles que ces deux abrutis. Le travail de ces rebus de l'humour m'oblige à me questionner sur un autre phénomène de société tout aussi incompréhensible.

J'aimerais que l'on m'explique une chose ; Twilight, un bon film ? Robert Pattinson, un bon acteur ? Si je n'avais aucun respect pour vous, je vous aurais traîté - n'ayons pas peur des mots - de pauvres ignards aux goûts de merde. La tolérance n'est pas un de mes points fort, je puis le reconnaître. Mais tout de même, par pitié. Cette franchise littéraire n'est qu'une ridicule histoire d'amour, une trame sans fond que sa mormonne d'auteur a enrobé de fragments de contes mythologiques. Un pur coktail gnangnan destiné à soulager les désirs érotiques de jeunes pisseuses romantiques. Le genre de filles (ou de garçons, ca peut arriver) qui fantasment sur Lucas Scott, rêvent du come-back d'Evanescence et qui dessinent des fées chaussées de Converses sur leurs fardes de cours.

Leur mise à mort nous réclamons. Parallèlement à cela, nous validons, pour exemples, le Nosferatu de Murnau, Dance of the Vampires de Polanski, Dracula de Coppola père (remember les mimiques cultes du comte et Monica Bellucci en courtisanne démoniaque), Lost Boys et Queen of the Damned (en fait nul à chier mais on dit oké par respect pour Aaliyah dans le rôle de la reine).

Bien que je haïsse Brad Bite et Tom Kreuïse, je dois avouer que leur prestation dans Interview with the Vampire m'avait laissé sans voix. Et je ne vous parle même pas de la délicieuse Kirsten Dunst qui sublime le personnage de Claudia, déjà divin sur le papier. Best film ever. Dans une catégorie lowstyle il y a Blade I et Underworld premier qui sont, tout de même, à deux mille niveaux au dessus des aventures d'Edward Cul-haine et de sa mortelle greluche (Bella Swan ; pouvait-on faire plus merdique comme nom ?).

Bref. Des vampires qui jouent au base-ball et qui passent leur non-vie au lycée alors que le monde entier leur est offert, non mais sans déconner. Vanessa Hudgens, la pseudo girlfriend de Zac Gayfron, est préssentie pour camper le personnage d'un lycantrophe femelle dans le second volet cinématographique (vision d'horreur : je la vois galoper, mamelles à l'air, avec des lambeaux de robe froufroutante sur le dos. C'est assez repoussant mais pas si éloigné de la réalité en fin de compte).

Cette nouvelle a au moins le mérite d'être aussi efficace que deux doigts au fond de la gorge.

nb : Pour finir sur une note moins extrêmiste, je dirais que j'ai trouvé pire que Twilight : Rise Blood Hunter avec Lucy Liu dans le rôle de l'héroïne. Un film indigne même de se retrouver dans le rayon séries B d'une vidéothèque de campagne ouzbèque. Cela n'empêche que le succès mondial de Twilight reste pour moi immérité, injuste, insultant et inconcevable quand on voit la manière dont il a été réalisé. Il en va de même pour les livres et je vous encule.

250109

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Retour douloureux. Tourments, déprime et nostalgie. Demain, comme unique réconfort, j'irai acheter quelques bouquins sanglants et sexuels et peut-être cette bague en argent à grosse pierre noire que j'avais repérée chez un antiquaire avant mon départ.

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DAY 12

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Henok Achido (& Sophia Somajo) - Pusher

J'ai clos la session achats par une étrange chemise à imprimés baroques ainsi que par une fluide écharpe colombine tout en drapages satinés (la même que celle que Johnny Depp a arboré quelques fois).

J'ai visité des ruelles sombres (et leurs vendeurs de hasch), j'ai vu le plus beau des couchers de soleil, coeur ouvert au milieu de troubadours et de grunges chantants, dîné dans des restaurants à la décoration païenne et quelque peu inquiétante, humé la saveur nocturne de territoires sauvages et puis tout un tas de choses grisantes qui feraient dresser le vit du plus aigri des enfoirés (et c'est moi qui dit cela).

Chose qui ne m'était pas arrivée depuis trente ans, je me suis surpris à écrire quelques lignes de mon projet littéraire sur de véritables feuilles de papier blanc avec un vrai porte plume et de la vraie encre bleue. J'ai griffonné les phrases comme elles me venaient, sur le capot d'une voiture, dans un sombre bistrot de campagne, humidifiant ma plume assechée dans la flore secrète d'une chanteuse de cabaret (non là ce n'est pas tout à fait vrai). 

Le retour à la réalité sonne le glas de ce bonheur illusoire. Je rentre samedi. Je m'en vais retrouver la grisaille urbaine, les visages fades et endormis de mes ennemis les badauds, rongés par le froid et la fatigue. J'aimerais pouvoir abréger leur souffrance, leur payer un billet pour l'Ailleurs. Mais verser du cyanure dans leurs coupelles d'eau serait tellement plus amusant. Ou les noyer dans un bain d'essence de digitale, les voir blêmir et se tordre de douleur pour enfin embrasser la mort dans les derniers soubressauts de l'agonie. Bref.

Même la nature ici pleure mon départ. Le vent s'est levé tôt dans la matinée, le ciel s'est assombrit, voilé par un linceul grisâtre et menaçant. Il y a quelques minutes, la pluie s'est mise à tomber avec fracas  et, pris de terreur, j'ai tenté de me suicider en essayant de rire à une blague de Yann Barthès. (J'y suis arrivé).

180109

DAY 8

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C'est avec horreur que je me rends compte que je fais, ces derniers temps (et surtout dans les deux précédentes notes), une chose que je déteste par dessus tout : raconter ma vie. Qui cela peut-il bien intéresser, en dehors de mon double psychique ? Je me le demande. Xanthéas, l'alter égo érotomane à tendance psychotique, se le demande également.

Nous qualifierons cela de thérapie personnelle. D'ailleurs, je vais réitérer la chose :

Je suis un putain de consommateur. Rien n'est plus beau que des sacs de qualité remplis de nouveaux achats. J'ai, aujourd'hui, déniché une formidable paire de boots à boucles, quelques chemises ainsi qu'une classieuse gabardine noire. J'étais donc au comptoir caisse quand un jeune couple s'est approché de moi. Le garçon m'a parlé dans sa langue d'autochtone et j'ai tellement été pris au dépourvu que je n'ai su quoi sortir. Finalement, après moultes bégaiements, c'est cette remarque pitoyable qui l'emporta : "I'm sorry, but je ne parle pas le français".

Chamboulement dans la tête, gros pic de stress, d'où une phrase illogique et dépourvue de sens. Pas de réaction de la part de mes interlocuteurs hormis deux maigres sourires compréhensifs. Soit. Un gros porc et sa truie de fuckfriend en avaient profité pour me dépasser. Vu l'incident qui venait de se dérouler, je ne leur fis aucune remarque. Je passai le reste du temps dans la file à les imaginer sous les roues d'un 4x4.

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DAY 5

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Je suis victime d'hyperlubricité. Je bouillonne de l'intérieur. Le moindre signe, la moindre apparition, la moindre allusion suffit à me tendre le pantalon. En gros, j'ai envie de visiter quelqu'un. Point le courage, cependant, de me trouver de partenaire. Je m'en sens actuellement incapable. Je pourrais m'épancher deux fois par jour si je le pouvais (c'est d'ailleurs ce que je fais en écrivant ces lignes. Je peux vous assurer que cela demande beaucoup de dextérité). Ca me soulagerait vraiment.

Il faisait beau, frais, lumineux. J'étais donc installé à une terrasse et n'écoutais pas ceux qui me parlaient. J'avais envie d'hurler un "vos gueules" qui aurait fait trembler les murs de Sodome si elle existait encore. Mon regard était vague, fixant un point de l'océan, au delà de la jetée, quelque peu ébloui par les flashes cosmiques. J'ai toujours cru qu'avec un peu de patience, je pourrais apercevoir une quelconque créature marine venir s'ébattre à la surface. Quelle crédulité ; je reste persuadé que les hommes tritons, le Kraken et Génoa City existent vraiment.

La radio du bar a diffusé Back to Black et mon coeur s'est crispé à nouveau. Je me suis très vite lassé de l'endroit. L'immobilité est propice à la réflexion, et dans le cas actuel des choses, cela n'aurait fait qu'accélérer ma décrépitude. J'aurais très bien pu violer la charmante serveuse (qui ne l'était pas réellement) ou le sharpei qui me dévisageait la langue pendante, deux tables plus loin. Je les ai ensuite quittés, en marche vers la plage déserte. J'ai retiré mes chaussures et mes chaussettes, retroussé mon pantalon et j'ai courru vers les vagues. Electrisé par l'onde marine, le vent dans le visage me rendant sourd au bruit du monde, je me suis dit que la situation était assez commune. Le cliché universel.

La solitude, les pieds dans la mer et mon âme en érection.

Au détour d'une allée, je suis tombé sur un vieux couple qui se bouffait s'embrassait avec forte indiscrétion. L'envie me prit de les décapiter et de ficher leur tête humide sur des tiges de bambou. N'ayant pas les ustensiles adéquats, je passai mon chemin. Il faudrait que je disparaisse. Emprunter un coupe-gorge, faire la connaissance d'un détrousseur armé et le finir dans une benne à ordures serait une solution radicale et borderline.

nb : je vais mieux.

120109

DAY 3

Ici, la lune est pleine, orange et gigantesque. Elle plâne au dessus de l'océan, se cache derrières les montagnes et réapparaît au dessus des forêts. J'y ai tantôt vu un visage amusé, tantôt un crâne humain au rire mauvais (nous êtions en bordure de falaise, mieux valait ne pas l'offusquer). Le jour, le soleil se couvre d'une fine dentelle nuageuse et les rayons solaires, lumineux comme la nacre, ébrouent les flots immobiles. Je suis vraiment spectateur de surréalistes tableaux.

J'ai trouvé, perdus au fond de la bibliothèque deux tomes de la Divine Comédie et le matin, je bois du jus d'orange pressée.

Sinon, j'ai rencontré une manifestante against the war au Proche-Orient et j'ai été touché par l'enthousiasme et l'espoir dont elle était habitée. Je me dis que l'humanité n'est pas complètement morte et que, si j'en suis dépourvu, sa pérénnité sera, de toutes façons, assurée par de tels individus. 

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090109

Memo For Dark Ages

Salut les gars (et les garces).

Voici la première note à l'image de cette nouvelle année : nulle à chier. Ne le prenez pas comme une attaque personnelle, mais vous pourrez vous foutre vos "Bonne année" dans le cul. Trop de naïveté tue la naïveté.

Tout a assez mal débuté. Nous entrons dans une nouvelle ère glaciaire et des centaines de femmes et des gosses se font assassiner de l'autre côté du monde (ça c'est une alllusion politique). La probabilité que vous deveniez riche ou que vous rencontriez l'âme soeur reste faible. Conséquence d'une crise financière collée sur toutes les lèvres (sauf des miennes), des multi-milliardaires finissent par se jeter sous les trains (triste fin pour ceux qui se croyaient à l'abri de tout) et ce matin, je me suis fendu la gueule en descendant une avenue.

D'ailleurs, on ne peut pas dire que le téléphone ait surchauffé la nuit du trente-et-un. Mon aigritude a eu bien du succès : je n'ai reçu que deux maigres messages. Mais le lendemain, Jocaste m'a appelé pour me présenter ses voeux et je dois avouer que cela m'a fait un plaisir énorme. Je ne l'avais plus vue depuis la soirée décadente d'il y a deux semaines. Alors elle m'a fait rire, m'a donné des nouvelles d'Anthea et m'a dit que Budd avait vraisemblablement fait la fête all the night avec je cite : "sa basse classe". Mais de cela, je suis bien d'accord, on s'en branle comme de la nouvelle relation de Kylie Minogue avec Andrès Segura (the best male model ever - avec Mathias Berg, Jacob Wiechmann, Clément Charbernaud, Sam Way et Arthur Daniyarov).

Demain, à onze heures, je prends l'avion pour l'Ailleurs. Je m'en vais me réchauffer le corps et m'aérer l'esprit tout en le grisant autour de vins et de jasmin tea glacés aux terrasses de cafés de vieilles villes. Je pense pouvoir trouver le temps pour quelques updates. Je serai de retour officiellement le vingt-quatre. Et ça, je sais que cela vous réjouit tout autant que de savoir que Amy Wino va mieux, qu'elle passe de merveilleuses vacances à Sainte Lucie, les seins à l'air et la vulve offerte à un nouveau boyfriend bien moins effrayant que Blake Fielder Civil, le junkie violent et édenté.

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