191208
No Head Guy

Cette fois-ci, j'ai rêvé que je drivais sur une route nationale déserte en bordure de falaise. Le ciel était étrangement vide, sans étoiles, et l'odeur de la mer, noire comme l'encre, me parvenait au travers des vitres ouvertes. Je ne sais pas ce qui me prit ensuite, mais je me suis arrêté sur un terre-plein et ai descendu d'abrupts escaliers de pierre jusqu'à la plage rocailleuse. Là, au milieu des algues et de l'écume, ballotée par les vagues qui s'écrasaient contre le rivage, j'ai distingué la forme d'une tête. Sans le corps qui va avec, bien évidemment. Je l'ai ramassée par les cheveux et ai reconnu K.A. (as "L'homme à abattre"), le célèbre avocat parisien victime d'une tentative d'assassinat en juin deux-mille sept. Sa peau était froide, grise et molle et des spumes sanguinolantes s'échappaient de ses yeux révulsés et des comissures de ses lèvres. Je ne me souviens plus trop de la suite mais je crois que quelqu'un (ou quelque chose) m'a rejoint. Je me suis finalement réveillé avec le goût écoeurant de la meringue d'une tarte au citron dans la bouche.
Faudrait vraiment que j'arrête de passer mes nuits devant Faites entrer l'accusé.
pix by lina scheynius
171208
131208
THE CLUB OF INIMITABLE LIVERS
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Clint Mansell - Dead Reckoning
Elle sortit précotionneusement l'animal du petit coffre laqué, que les flammes des lampes faisaient luire comme une sorte de bijou vivant. Tout en maintenant sa tête ovale entre le pouce et l'index, elle approcha ses yeux des siens et les vis briller comme deux minuscules émeraudes. Il enroula sa queue moirée autour de son bras et émit un sifflement alors qu'elle se découvrait du peignoir de satin vert et or. Elle appuya la macheoire du reptile au dessus de son sein gauche, si fort qu'elle sentit les vertèbres se briser. L'air était chaud et oppressant, empli de la saveur ennivrante de l'opium et de l'encens. Elle était seule au milieu de la vaste chambre ronde. On n'entendait que le crépitement du feu qui brûlait dans l'âtre et son souffle qui se faisait de plus en plus las. Les yeux grands ouverts, une douleur aigue lui transperçant la poitrine, elle s'allongea sur le lit et contempla ainsi, dans les brisures ternes du gigantesques miroir qui recouvrait le plafond, ce corps d'albâtre, blanc et froid, la chevelure de jais, déversée en cascade sur les draps de velours gris, et le sublime éclat de ses yeux qui, peu à peu, s'éteignait alors que les ténèbres enveloppaient la pièce. Tandis que le venin continuait de s'insinuer en elle, paralysant ses sens, elle sentit les battements de son coeur se ralentir, l'air lui manquer, comme si une masse de plomb venait lui emprisonner la gorge. Une brûlure ardente se répandit sous sa peau ; un bouillonnement exquis, partant de son coeur jusque dans les chairs de son ventre, jusqu'à son pubis. Parcourue de frissons, le corps moite et douloureux, empoignant les draps de ses mains blêmes, elle émit un gémissement intense et terrible puis replongea son regard fiévreux dans le miroir, le plaisir violent qui l'embrasait la faisant presque sourire. Elle se mit à compter les fracas du lent mais puissant tambour qui battait en elle. Ensuite, comme une libération, vint le silence.

Un air glacé emplit ses poumons. Elle rouvrit brusquement les yeux. Deux ombres sans forme, noires comme la cendre, la surplombaient. Elle tenta de se relever, mais cela lui fut impossible. Elle semblait figée dans le marbre, anéantie. Il n'y avait que le goût suave et salé du liquide qu'ils versèrent dans sa bouche et ces affreux picotements qui la consumaient tout entière.
Elle les entendit parler entre eux mais leur voix était comme voilée, lointaine et inhumaine. Très vite, les visages s'éclaircirent. Elle crut reconnaître les deux jeunes hommes au teint nacré qui étaient courbés au dessus d'elle. Le premier lui maintenait la tête et affichait un regard sombre et inquiet. Le deuxième, à ses côtés, restait placide, la fixant de ses grands yeux d'un bleu électrique, tenant en ses mains la chaine scintillante d'un crucifix. Elle voulu murmurer le nom de celui qui la tenait. Elle sentit son parfum. Il ne lui était que trop familier. Il y eut ce bref éclair durant lequel elle se souvint leur deux corps unis. La chaleur de ses jambes contre les siennes, son souffle parfumé dans sa gorge, son sexe dans le sien. Octave.
111208
guess it would be nice

Vous me faites chier avec Louis Garrel. Je n'ai apprécié son jeu que dans Ma Mère. La scène finale où on le voit se masturber au côté du cadavre d'Isabelle Hupert m'a vraiment touché. Vous me faites chier avec Justice. Aussi (surtout qu'apparemment, les deux vont de pair). Leur physique est ingrat et leur musique l'est tout autant. (Une personne normalement constituée, même aveugle et défoncée au crack industriel ne trouverait pas Xavier de Rosnay beau ou "overbaisable" comme vous dites. Je suis désolé, mais il y a un moment où il faut faire attention aux termes que l'on emploie. D'un côté, vous redonnez confiance à beaucoup de gens en affirmant ce genre de choses.) Je préfère donc m'en référer aux classiques de l'électro française plutôt que d'adhérer à ce mouvement de foule terriblement grotesque.
La faculté de médecine organise un coktail spécial BA1 le neuf janvier. J'ai hâte d'y être. Je pourrais enfin checker toutes les nouvelles têtes, me faire une idée un peu plus globale de ma promotion étant donné que cela fait bien trois mois que je n'ai plus mis les pieds sur le campus. Et puis qui sait, l'éternel célibataire que je suis pourra peut-être faire une agréable rencontre.
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Quelle bonne blague, hein. Nous savons tous très bien que cela est impossible. Toujours est-il que si d'aventures, l'envie vous prend de venir nous rendre visite, de me rencontrer ou de me visiter tout court, je porterai sans doute une veste de smoking noire et un tee shirt v neck gris. Le signe de ralliement sera un poulet mort bouton de rose rouge agrafé sur le revers de mon blazer.
091208
He left no time to regret, Kept his dick wet, With his same old safe bet.
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Amy Winehouse - Back to Black (Rumble Strips Remix)
Dans une note précédente, j'écrivais qu'Amy était fille unique. Je tiens à présenter mes excuses ; Wino a bien un frère. Il s'appelle Alex et il est moche. Mais il a l'air sympa sinon.
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011208
undressed

Embrasser quelqu'un qui n'a pas une bouche irréprochable relève pour moi du scatologisme. Il en va de même pour ce qui se situe sous la ceinture.
Je me suis coupé tout à l'heure sans m'en rendre compte. Ce n'est que bien plus tard que j'ai constaté les grosses taches sombres et collantes sur ma chemise. J'ai du semer des gouttes un peu partout dans l'appartement. J'en retrouve sur la couverture d'un bouquin. Etonnant ce qui peut jaillir d'une si petite blessure. Devant le miroir de la salle de bain, je pose l'index sur la plaie ouverte et me dessine quatre peintures indiennes sur le visage. Esthétisme guerrier pour combattant sournois.
Je crois en Dieu. Bien que non pratiquant et en marge des religions, je suis le genre de gars assez superstitieux. Je touche le bois pour m'exorciser lorsque je prédis la mort de quelqu'un. Je ne dépose jamais de chaussures sur une table et n'ouvre jamais de parapluie dans les maisons. Je fais le signe de croix en entrant dans les Eglises et m'éfforce de me vider l'esprit de toutes mauvaises pensées. J'ai parfois eu envie d'en finir et de me barrer discrètement. Un série de problèmes dérisoires que j'aurais abandonné. Ca n'aurait été ensuite qu'un immense vide. Néant. Ou avec un peu de chance, ce pays que l'on a tant de fois imaginé, où tout n'est que plaisirs infinis. Mais quelqu'un m'a dit un jour "Tu n'as pas le droit d'ôter la vie. Ni la tienne, ni celle d'autrui sous peine de finir avec les rebus et les larbins d'Hadès" (j'ai romancé). Je continue donc à porter ma croix et à faire bonne figure.
A côté de cela, je pourrais brûler en Enfer et me faire griller la plante des pieds au fer rouge par une armée de diablotins sodomites étant donné le nombres de péchés que j'ai pu commettre. S'il avait été mon voisin, j'imagine que le bad guy de se7en se serait fait un plaisir de me trucider. Il n'aurait eu que l'embarras du choix. Me taillader le visage dans mon lit, et m'abandonner agonisant, un téléphone et une boîte de comprimés dans chaque main, ou me déchiqueter dans un bordel à l'aide d'une chatte à dents de sabre ?
Ce côté "dévot" se meut trop souvent en paranoïa aigue. Chose qui ne fait qu'allonger la longue liste de mes troubles obsessionnels. Je me sens observé, à la merci de ceux que l'on ne voit pas. Je pourrais dire I see dead people, mais ce ne serait qu'un mensonge assez ridicule. Il n'empêche que je reste persuadé de leur présence alentour. J'en ai eu la preuve plus d'une fois. Ces petits voyeurs d'outre-tombe qui profitent de notre aveuglement de mortels. Je ne me pose pas ce genre de questions effrayantes lorsque je suis dans le feu de l'action. Ce n'est qu'une fois le """crime""" commis que j'y pense et que je me dis que j'aurais peut-être pu éviter l'écart de conduite. En contrepartie, je conclus des pactes, sorte de marchés spirituels. Les promesses faites n'étant que très rarement tenues.
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