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251108

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Souvenez-vous : il y a peu, je vous faisais part de mon envie d'en adopter une paire. Eh bien, il y a deux semaines, I found them. J'ai enfin trouvé les perfect boots.

Des jours et des jours à écumer toutes les boutiques de la ville, à feuilleter le moindre magazine de mode me passant sous la main (jusqu'au Gaël spécial Homme, c'est dire l'état de désespoir). Après réflexion, je remercie le Ciel de m'avoir aidé à renoncer à ces bottes Olivier Strelli pour lesquelles j'aurais prostitué père et mère. Au final, je me rends compte que j'ai bien été aveuglé. J'aurais eu l'air d'un clown chaussé d'écrase-merdes. Celles-ci, sobrement classes portées au dessus d'un skinny jeans (comme disent les ""danseuses classiques"", si vous voyez ce que je veux dire), ont été acquises dans une boutique dont je tairais le nom par pure dignité. Ca ne servirait à rien d'insister.

Lorsqu'il m'arrive de sécher la fac - c'est à dire cinq jours sur sept - j'aime prendre mon lunch devant The Young & the Restless. Le whisky, le Martini, les produits cosmétiques y coulent à flot et les personnages, toujours sappés impeccablement, évoluent dans des décors kitchissimes, où foisonnent une multitude de détails drôlesques et de figurants ridicules. De plus, contrairement à l'idée que le peuple se fait de la série, les sujets tournent davantage autour de meurtre, de vengeance, d'alcoolisme, de rehab, de buisiness et autres duretés de la vie qu'autour de plans de baise, d'inceste ou d'échangisme intrafamilial. (Ah vous le saviez déjà ?) Je ne dis pas qu'il n'en est pas du tout question, mais cela reste raisonnable.

C'est donc tous les matins que je retrouve, devant une tasse de café, une Nicky toujours aussi sexy malgré le poids des années, une Drusilla toujours aussi arrogante, une Phyllis toujours aussi cynique, un Nicolas toujours aussi stupide. Sans parler de sa soeur, la nouvelle Victoria revenue de Florence, toujours aussi fournie niveau pilosité sourcillaire, mais qui, lors des derniers épisodes, a su faire naître en moi une sorte de passion attendrie. J'ai d'ailleurs été bien surpris de la voir dire à Brad Carlton un truc du genre : "Ca veut dirait de passer la soirée avec moi ? J'ai acheté le dernier album de Coldplay,...on pourrait l'écouter ensemble. Qu'en dites-vous ?"

De quoi clouer le bec à toutes les mauvaises langues qui croyaient qu'à Génoa, on n'écoutait que de la country ou du Al Martino bien lourd. Ah et puis, j'allais presque oublier celle qui me fait mouiller mes draps la nuit, la sublime Glora Fisher, à qui je voue un culte sans limite. (J'ai toujours eu un faible pour les femmes mûres.)

Bref, une série culte, sans doute ma favorite, après la légendaire duosaisonale ROME.

/ pix by glamcanyon

231108

marie_a

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Quoi, les Dieux meurent donc ! Et tant de rares choses
N'ont pu sauver Procris de l'effroi du tombeau !
Sa noirceur éteignant ce lumineux flambeau,
Nous en voyons l'effet, sans en savoir les causes.

Lugubres changements, tristes métamorphoses,
Que nous avait prédit un funeste corbeau ;
Tout l'univers en deuil perd ce qu'il a de beau
Et ces divins attraits ont le destin des roses.

Cette pâle beauté nous afflige et nous plaît ;
Elle enchante les yeux, toute morte qu'elle est,
Et de sa belle cendre, il sort encor des flammes :

Nous en voyons l'éclat, nous en sentons l'effort ;
Et l'on peut voir ensemble, en ce charme des âmes,
Les Parques et l'Amour, les Grâces et la Mort.
Georges de Scudéry

111108

khôl & black nails

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Robyn - Cobrastyle (The Bloody Beetroots Remix)

Pleine lune ce soir. Combat boots dans les feuilles mortes, crucifix autour du cou.

/ pix by glamcanyon

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The chain of orgasms / Soft screaming..Oh !..Ah ! *

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Les tics tacs de la vieille Omega m'empêchent de me concentrer. Hypnos me nargue de manière odieuse. Il est bientôt quatre heures trente. Je n'ai pas le courage de me lever, d'enjamber les bouquins et les chaussures éparpillées, d'aller enfuir cette satanée montre dans le tiroir. Ce serait au prix de trois vertèbres brisées. Je pense à Frida, à son destin si particulier. Voilà, qu'à nouveau, l'un de ces désirs fugaces s'impose à moi : me procurer l'un de ses tableaux au plus vite. Self-Portrait with Velvet Dress me rendrait profondément heureux. J'eus bien du mal à réprimer cette envie de chialer comme une pucelle un jour de noces lorsque je tombai, il y a quelques nuits, sur sa biographie cinématographique. Quel personnage, quelle femme, quel parcours ! Une destinée brodée de fils d'or, des rencontres grandioses, un pouvoir de fascination surréaliste. Et puis une fin tragique mais légendaire, comme j'en rêverais. Ah mon Dieu. Toujours ce tic tac incessant. J'accèlère la respiration, essayant de couvrir le bruit mécanique par celui de mon souffle. Ca en deviendrait presque douloureux. Les japonais avaient inventé une technique de torture qui consistait à faire tomber, des heures durant, des goutelettes d'eau glacée sur le crâne des suppliciers. Ils l'avaient nommée très sobrement "La torture de la goutte". Cette fois-ci, l'objet du mal est une stupide horloge au cadran brisé.

Je suis à l'âge où l'on déclare (emplein de naïveté) que l'on a toute la vie devant soi. Mon entourage adore me le cracher à la figure quand il ne se sent plus le courage de supporter mes perpétuelles plaintes. Pourtant, je ne peux m'empêcher d'y penser. Oui, la décrépitude m'obsède. L'idée même de devoir vieillir me terrifie. Presque tout autant que de devoir un jour travailler pour subvenir à mes besoins. (Non, ça c'est une blague.) Il viendra un temps ou je verrai ceux que j'aime perdre de leur éclat, se racornir et enfin finir six pieds sous terre. Moi même, simple prisonnier mortel (on a tendance à l'oublier), devrai-je voir mon image - si noble - se flétrir, se gâter comme un vulgaire morceau de chair que l'on aurait abandonné sur une table de jardin un après-midi d'été (envolée lyrique). Horrible, non ? J'ai du mal à me faire à l'idée que je puisse devenir un jour un fardeau pour quelqu'un. Une loque humaine, pleine de rides et de faiblesse, une créature rampante, le regard torve, n'ayant pour réconfort que ses souvenirs. Une conception bien sombre de la vieillesse, me direz-vous. Que l'on excuse mon éternel pessimisme ! Je suis de la génération de ceux qui voient - presque - tout en noir lorsqu'ils se mettent à réfléchir un peu trop.

A défaut de pouvoir accomplir un pacte occulte visant à transposer mon âme dans une antique peinture victorienne, peut-être devrais-je suivre les conseils de ma très avant-gardiste amie, Erzebeth. Celle-là même qui, il y a bien des années, se plaisait à se baigner dans le sang de jeunes vierges. Bien qu'onéreuse et pas si pratique (ma baignoire est bien trop petite. Et puis les vierges se font si rares), je ne peux que plussoyer cette idée lumineuse.

Quel silence. L'espace d'un temps, j'en suis presque venu à oublier la vieille montre.

* Le titre de l'article est un anagramme. Je trouve ça plutôt joli, pas vous ?

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no soul in the mirror

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J'aime beaucoup la masturbation nocturne. C'est comme courir toute une nuit dans un champs de coca ou lire une nouvelle d'Hitchcock avant de s'endormir. On se sent libéré, plus léger. On sait que le sommeil arrivera rapidement, parce qu'en même temps de se vider les couilles, l'on se vide la tête de toutes ces pensées licencieuses qui nous font voyager dans notre Sodome et Gomorhe intérieur. Non pas que de telles pensées m'incommodent, mais je tiens tout de même à mes treize heures de sommeil. Sinon, ce que j'aime aussi, c'est collectionner les objets inutiles. A l'âge de quinze ans, j'aimais amasser de vieilles breloques païennes perdues entre les pavés des brocantes de plein air. J'errais dans les étalages poussiéreux d'antiques librairies à la recherche de livres ésotériques pouvant venir compléter ma bibliothèque mystique. Des années plus tard, me voilà toujours investi de ce pouvoir. Après les artefacts et autres grimoires de poche, je me suis tourné vers les prostitués (je les décapite au couteau à viande avant de suspendre les têtes sur des plaques de bois verni en dessus de ma tête de lit), les vieilles photographies jaunâtres, les chaussures (pire qu'une matrone), les paires de lunettes et enfin, les blazers. Le vêtement que tout homme se doit de posséder sous peine d'exclusion sociale. En gris, en noir, en blanc, en bleu, en argent lamé, version smoking, version champêtre, version bordel, version urbaine. Le blazer est la vie. En acheter plein. Les enfouir dans sa garde-robe. Les perdre de vue et puis un jour retomber dessus, comme un époux ayant séquestré sa maîtresse pendant de longues semaines.

J'avais pensé écrire une note spéciale Fête des Morts. Un truc un peu gore, un peu glauque. J'aurais posté les polaroids de ma nuit passée dans le cimetière de la ville, en compagnie d'Anthéa, de A. et de H. Positions grotesques sur pierres tombales, acrobaties arachnéennes, véritable orgie infernale. Mais non, la nuit fut moins sauvage. Et puis cette pute d'Anthéa a été privée de sortie par son connard de boyfriend. La vie a-t-elle seulement un sens si je ne peux même plus m'épancher sur la poitrine de mon amante ?

S'il y a bien un être mythologique (enfin, "mythologique" pour vous, car de mon côté, je crois dur comme bandaison en son existence) qui me fascine grave, c'est le vampyre. Lamie, goule, stryge, nosferatu, nommez le comme il vous plaira. Je l'icônise en quelque sorte ; sa sensualité, son érotisme mortel, son ineffable beauté, sa bestialité aussi. Toute cette combinaison d'éléments qui me font jouir, réunis dans une même entité, c'est un peu ca, la perfection occulte. Pas de quoi s'effrayer. Je ne dors pas entre six planches, je ne vis pas en deuil perpétuel, je ne suis ni gothique, ni sataniste. Je trouve même la vie plutôt sympa...En fait non. Mais je me délecte de ses représentations littéraires ou cinématographiques. Ce qui est assez raisonnable. Le vampyre est un peu la part sombre du Beau. Par extension, c'est donc un peu ma part sombre.

Il m'arrivait, lorsque j'étais bourré (insidueux argument pour excuser la folie), d'appeler une de ces créatures par l'esprit. Je l'invitais à venir me prendre par derrière. Je la priais de me laisser adhérer à la Nuit, de me laisser marcher à ses côtés, de me laisser poser les lèvres sur le cou de mes victimes encore pleines de vie, de me repaître de leur essence, goûter au nectar de fruits trop mûrs. J'aspirais à cette surnaturelle existence de non-mort. Je voulais écumer les âges, incorruptible, éternellement jeune. Mais j'étais ivre. Vraiment.

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